Colloque International, Des Illusions, Paris 1 Panthéon-Sorbonne / Institut ACTE / CNRS / Ministère de la Culture

Carreau du Temple, Paris, Vendredi 3 novembre 2017

Co-dirigé par Sylvie Captain-Sass, Hélène Virion et Richard Conte

 

Avec les interventions de Marie Fraser, Florian Gaité, Clarisse Gardet, Jacinto Lageira, Marion Noulhiane, Olivier Richon & Christophe Viart

 

 

L’art questionne depuis la caverne de Platon les illusions comme les désillusions. Il engage la représentation sur le pan d’ombres, de chimères qui se veulent toujours plus insidieuses à mesure que les techniques de l’image se perfectionnent, que les méthodes d’appréhension du sensible s’affinent. L’anthropocentrisme de notre lecture du monde, fondateur de l’illusion collective construit croyances, idéologies et superstitions. Ces systèmes donnent à l’être humain l’illusion d’une appropriation contrôlée, d’une infinitude rassurante. Nous savons pourtant aujourd’hui que les cinq sens, portés par un corps et son cerveau construisent une abstraction efficace, synthétique mais aussi éminemment subjective et interprétative du monde. D’illusions en désillusions l’artiste ne cesse de repousser les lignes de ses capacités d’être au monde, en tentant d’en agrandir les limites expérimentales.

 

 

L’art ce “trompe la vie”, comme le définit Baudrillard, semble vouloir survivre aux leurres sur lesquels il s’appuie. Il paraît se jouer de cette « remise en jeu » au sens d’ illudere. Ce pourquoi il est important de définir quels chemins emprunte l’artiste pour investir, dénoncer, transfigurer ou sublimer son environnement, ses conditionnements perceptifs et les illusions qui lui sont associées. Comme il est déterminant de définir comment l’artiste fait de l’illusion, comme de la désillusion un levier créateur. Il s’agit à la croisée des arts et des sciences de questionner des artistes, des philosophes, des psychologues, comme des neuroscientifiques sur les enjeux de ce paradoxe apparent. L’intention est de sonder le point de bascule entre ces deux termes en vue de faire émerger des pratiques et théories basées sur la relation souvent poreuse entre illusions et désillusions. 

 

"La photographie de famille : De l'album aux cimaises", Privé/ Public, Questions Théoriques, Juin 2017

 

La photographie de famille relève de l’ordre de l’intime et du privé. Elle est le sujet et l’objet d’une histoire filiale précieusement recueillie dans les albums de familles. Trace d’un héritage, elle est le témoignage visuel de moments confidentiels passés et figés sur le papier photosensible. Elle est le signe d’évènements privés, dénués de toute résonnance à l’extérieur du cercle familial. Or depuis quelques années elle se collecte, elle s’expose sur les cimaises des musées dévoilant aux yeux de tous des évènements et affects liés à des sphères intimes. Par cette modification d’usage la frontière du privé et du public, comme ses bornes glissent et entraînent avec elle nombre de questionnements dans le sillage de la pensée de Roland Barthes dans La Chambre Claire. Comment pouvons-nous être touchés par une photographie liée à une généalogie dont nous ne sommes familiers, par un rituel filial dont nous sommes étrangers ? Le présent article vise à questionner l’essence de la photographie de famille, à interroger sa charge symbolique et référentielle. Il ambitionne d’en reconsidérer la place à l’heure où des photographies sans héritiers s’exhibent. Des albums de famille aux cimaises des musées l’intention est de sonder la ou les places que prend la photographie de famille aujourd’hui. Face à ses nouveaux enjeux de visibilité et de diffusion abordons son histoire, ses usages pluriels en vue de comprendre comment l’intérêt porté à ces histoires intimes et filiales a pu passer du domaine privé aux yeux du public.

Colloque international, Edward Hopper, 50 ans après : influence et héritage / TIL / Université de Bourgogne / Dijon, 07 Avril 2017

Sous la direction de Hélène Gaillard

 

Intervention - Hopper en héritage : Dialogues poïétiques autour du manque

  

La notion d’héritage est indissociable d’un principe de transmission. Dans le cas d’Edward Hopper il ne se livre pas, il se conquiert. Il nécessite de composer avec le silence et le manque pour accéder à l’essence de ses toiles. Face à cette herméticité abordons, de ses influences à son héritage protéiforme, le mystère de cette œuvre qui résiste à toute interprétation et suscite toujours autant de fascination.

Exposition collective, Un oeil grand ouvert, La salle d’attente, Reims, 8 Mars 2017     

 

Portrait dans le magazine Lomography

 

Colloque international - Fictions secondes - Équipe Fictions & interactions / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS, 26 et 27 Mai 2016

 

Intervention - Melancholiales enjeux d'une fiction mise en abîme

 

Le concept de fiction seconde se pose comparativement à une fiction première. S’impose avec elle une priorisation, une hiérarchisation de l’une par rapport à l’autre. En émane nombre de questionnements sur son positionnement, son rôle et sa visée. Autant de paramètres qu’il convient d’aborder pour tenter d’en saisir les contours et les enjeux. Tenus par cette intention, nous aborderons différentes strates de fiction présentes dans le film Melancholia, 2011 de Lars Von Trier ; le postulat étant d’interroger à travers la variété des oeuvres picturales présentées, l’importance déterminante de la référence à l’Ophélia, 1851-1852 de John Everett Millais. Elle sera l’occasion d’un questionnement sur la fiction seconde et par extension sur les jeux d’emboîtement, de mise en abyme. Elle sera l’opportunité de se demander dans quelle mesure la fiction seconde impacte voire affecte la fiction première. Comme nous interrogerons la manière dont elle lui fait écho.

Publication - "La Chambre Claire : Entre pensée subjective et expérience de la subjectivité", Roland Barthes : Vision plurielle d'un parcours pluriel, USEK / Presses de l'Université Saint-Esprit de Kaslik, Kaslik, 2016

 

 

Sémiologue et investigateur de l’expérience, Roland Barthes allie deux procédés d’apparence inconciliables pour structurer son ultime ouvrage. Il décloisonne lors de La Chambre Claire la théorie photographique et la repense fort d’une étude phénoménologique, d’une expérience subjective. Il y propose un éclaircissement sur la nature et l’essence de la photographie. Notre intervention portera sur la vision plurielle avec laquelle il aborde la pratique photographique. Elle sera l’occasion d’interroger la manière dont Roland Barthes élabore une pensée subjective et en fait un exercice de la subjectivité. Nous reviendrons pour cela sur une distinction analytique des deux postures de non initié au médium adoptées par l’auteur, à savoir le sujet regardant puis regardé, respectivement le Spectator et le Spectrum. Puis à la question de la posture s’ajoutera celle plus complexe d’une expérience existentialiste du médium. Celle-ci prend forme à partir de la vision plurielle d’une pratique plurielle liée au noème « ça-a-été » (1980 : 148). Afin de l’aborder dans toute sa complexité, nous rappellerons l’importance de la Photographie du Jardin d’hiver où il découvre dans le visage d’un enfant, les traits de sa mère décédée. Différents exemples photographiques tirés de La Chambre Claire serviront également à illustrer l’importance de la subjectivité dans son cheminement théorique. Nous reviendrons particulièrement sur le Portrait de Lewis Payne, 1865 d’Alexander Gardner. Par ce développement sémiotique et plastique nous ouvrirons la fin de notre intervention sur l’annotation conclusive placée sous la photographie de Lewis Payne en attente de pendaison, à savoir « Il est mort et il va mourir »(1980 : 149). Nous en ferons émerger des thématiques récurrentes chez Roland Barthes, catalysées dans cet ultime ouvrage autour de l’épreuve du deuil inextricablement liée à l’expérience de l’image photographique.

Colloque - ARIAD-R - Musée des Arts et Métiers / Paris 1 Panthéon-Sorbonne / CNRS / 15 Janvier 2016 

Sous la direction de Bernard Darras, Norbert Hilaire et Richard Conte

Organisé par Bernard Darras, Francesca Sconfienza, Julie Borgese et Hélène Virion

 

Intervention - L’objectif Petzval : entre défaillances techniques et enjeux photographiques

 

L’objectif Petzval inventé en 1840, avant d’être abandonné dans les années 20 puis résurgent depuis 2013 pose dans le contexte du projet ARIAD-R, le postulat d’un élan novateur. Cet objectif photographique dédié aux portraits est l’exemple même de l’innovation dans toute sa complexité et ses évolutions. Il est l’occasion d’interroger par une pensée prospective la force du cycle de vie des artefacts. Dans cette intention la pensée de Gilbert Simondon et plus particulièrement la manière dont il décrit que les « effets d’une invention dépassent la résolution du problème » (2008 : 171) en pose l’enjeu. Elle met en exergue le franchissement de l’usage premier de l’objectif Petzval, comme de ses défaillances pour y puiser la source d’un rebond. En ce sens, la présente intervention est l’occasion d’ouvrir le propos sur l’Archéologie des innovations abandonnées à l’idée de résurgence, à savoir au R du projet ARIAD-R. Elle est ainsi l’opportunité d’aborder la défaillance comme enjeu d‘une réinvention et d’une réexploitation par de nouvelles techniques, de nouveaux usages, les spécificités de l’optique de 1840. Il s’agit en ce sens de retracer la manière avec laquelle l’obsolescence technique engendrée par de nouvelles gammes d’optiques, fera tomber dans l’oubli celui-ci avant de puiser de ces mêmes défaillances un nouvel élan, une réhabilitation et une exploitation inédite liée à de nouveaux enjeux photographiques.

Journée Scientifique - Roland Barthes - Vision plurielle d’un parcours pluriel / Université Saint-Esprit de Kaslik / Liban / 29 Octobre 2015

Sous la direction de Nicole Chalhoub

 

Intervention - La Chambre Claire : Entre expérience de la subjectivité et pensée subjective 

Journée d’étude Cerveaux, Créations, Infinis, CNRS/ CNAM / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Sous la direction de Sylvie Captain-Sass et Richard Conte, 15 octobre 2015

 

 Intervention : Cerveau et création numérique : d’images en mouvement, en mouvements de pensée, les enjeux d’un nouveau régime d’image

 

Gilles Deleuze dans son ouvrage L’image-temps : Cinéma 2 (Deleuze, 1985) précise au-delà du corps l’importance du cerveau dans l’expérience du cinéma moderne. Il ouvre ainsi une brèche dans les modalités de perception de l’image animée et appelle à un mouvement de pensée.

Dans son sillage notre communication portera sur cette expérience inédite, susceptible d’ébranler les habitudes du regardeur et de le mener à penser l'œuvre. L’intention sera en ce sens de solliciter une déstabilisation des repères comme orientation de recherche. Elle visera à aborder plastiquement l’inconnu comme une modalité du trouble cognitif, comme la condition d’une potentialité de réception infinie.

A l’appui d’œuvres photographiques et vidéographiques, la question des automates et des automatismes abordée par Gilles Deleuze sera à ce propos particulièrement éclairante. Elle permettra de mettre en paradigme les modalités de création et de réception à ce « grand automate spirituel qui marque […] la manière dont la pensée pense et se pense elle-même, dans le fantastique effort d’une autonomie » (Deleuze, 1985, p.343).

Appréhender l'œuvre, en regard des automates et des automatismes, nous incitera à concevoir l’impact de la création et de la réception sur les mécanismes cognitifs. De la plasticité de l’œuvre à la plasticité cérébrale nombre d’enjeux artistiques et neuroscientifiques seront en ce sens abordés afin de penser sous un angle poïétique le lien entre cerveau, création numérique et infini.

 

Création -  Photographie – Autonomie – Automate – Automatisme – Cognition - Infini

Exposition personnelle, (Des)illusions, Centre artistique Maison Vide, Crugny, 24 Mai - 21 Juin 2015       

Exposition personnelle, Mirage(s), Galerie DP, Reims, 20 Mars - 18 avril 2015      

 

Soutenance de thèse en Art et Sciences de l'art, Université Paris 1 Pantéhon-Sorbonne

Galerie Michel Journiac, Paris, 3 juin 2014

 

 

L’instance photographique. Pour une requalification de la création en photographie

 

Présentée et soutenue sous la Direction de Richard Conte, Professeur des Universités en Art et Sciences de l’art, Paris I Panthéon-Sorbonne

 

Devant un jury composé de

François Soulages - Professeur des Universités , Directeur du Laboratoire Arts des images et Art Contemporain, Université de Paris VIII  

Olivier Richon - Professeur de Photographie, Royal College of Art de Londres

Marie Fraser - Professeure des Universités en Art contemporain et Muséologie, Université du Québec

Raphaël Baroni - Professeur associé de didactique à l’Ecole de français langue étrangère, Université de Lausanne 

Exposition personnelle, Vertigo, Galerie du Cardo, Reims, 15 Mai - 15 Juillet 2013 

 

 

Exposition collective, Figures du Sommeil, Galerie Jean-Collet, Vitry-sur-Seine, 24 Mars - 6 Mai 2012

 

 

Le sommeil humain, indispensable à la régénération de nos forces, demeure un des points de conjonction du vivant et relève d’une complexité à la mesure de notre cerveau. Nous savons ainsi que l’activité créatrice et notamment artistique va puiser dans les arcanes infinis du sommeil les ressources instauratrices de la création la plus inattendue, comme ont pu l’exemplifier, entre autre, les Surréalistes.

« Ceux qui veillent ont un monde commun mais ceux qui dorment se détournent chacun dans son monde particulier ». Cette phrase attribuée à Héraclite semble hanter tout autant les pratiques de ces artistes-chercheurs français que celles d’exposants venus d’autres pays ; mais l’expérience du sommeil est-elle la même selon la culture d’origine de chacun ? Placées sous le signe de ce « temps blanc », les œuvres présentées conjuguent une multiplicité de médiums et leur diversité répond à cette énigme qu’est le sommeil, ouvrant aux rêves et aux songes, au coma et à la mort, à l’insomnie ou à l’hypnose.

 

Cette exposition rassemble quatorze propositions autour d’un projet conçu au sein de l’Ecole doctorale de l’UFR d’arts plastiques et sciences de l’art de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne