// LES EAUX ETROITES

 

Maison vide en villégiature...

 

Le dépaysement est orchestré par Hélène Virion, photographe plasticienne : au travers d’une singulière errance dans plusieurs séries photographiques, les panoramas s’enchaînent, comme autant de décors splendides aux allures de polar fantastique. Et effectivement la manipulation hitchcockienne n’est pas loin : chaque image, chaque plan est généralement un canevas de plusieurs éléments retouchés, ajoutés, ou amputés pour obtenir ces tableaux mirages. Car Hélène Virion ne présente pas la réalité, elle la recompose. Ses clichés sont un jeu de piste, jetant pêle-mêle vrais souvenirs, refuges d’introspection et de contemplation. Ses horizons fragiles tanguent, basculant dans la brume ou les embruns. Difficile de garder le cap et les pieds sur terre, mais peu importe : il faut se perdre ! Et accoster à ces étranges et familiers rivages, le temps d’une illusion.

 

 

 

Maud Gironnay, Catalogue d’exposition « (Des)illusions », Maison vide, depuis 1902, Centre artistique Maison Vide, 2016, p. 11.