Sous la surface de l’image, un double fond semble convier le regardeur à chercher sous le visible, l’origine d’un trouble. Il l’engage à déceler sous ces univers d’apparence vraisemblables, l’origine d’un malaise. La structuration des photographies sphériques agencées sur la base de multiples clichés vise le vraisemblable et la déstabilisation des repères. Elle ébranle le réel. L’intention est d’immiscer sous l’inertie photographique une forme de pesanteur. Les inclinaisons imperceptibles de l’horizon,  les perspectives cabrées comme les modifications atmosphériques en sont les garants. Les jeux d’équilibre et de proportions interviennent alors comme conditions nécessaires à la cohérence du visible. En ayant recours à des retouches numériques minutieuses et à la manipulation de calques, il s’agit de structurer une scène en attente, de composer des univers à même de déstabiliser nos repères et de questionner l’inertie de l’image photographique. En émane une sensation de pesanteur, de trouble dans l’espace-temps photographique, non sans évoquer l’expérience éprouvante liée au défilement des images. Des références hitchcockiennes aux vidéos contemporaines travaillant l’idée de suspens, elle puise une tension susceptible de densifier l’expérience de l’image. Une proposition d’autant plus exacerbée par cette vue sphérique, proche des tondis, qui place le spectateur derrière une longue vue, un hublot ou un judas. Elle s’attache à constituer, en regard des propos de David Lynch, des « images où il va se passer quelque chose».



LYNCH David, « L’influence des éléments cinématographiques dans les images fixes et animées », La plateforme Paris Photo, discussion animée par Paul Holdengräber, Dimanche 18 novembre 2012, [En ligne]. 04 décembre 2012, disponible sur http://www.parisphoto.com/plateforme.html, consulté le 5 décembre 2012.